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Video, 6'10'', 2004 Photograph © Christophe Brunet
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+ version française
Game Over! occupe une place spéciale dans les recherches menées par Yan Duyvendak. C’est un de ses seuls projets vidéos pensé comme un objet autonome, mais on ne peut s’empêcher d’y trouver un écho à sa performance You’re Dead! qui traite aussi des jeux vidéos violents. Dans Game Over!, l’avatar/performeur évolue dans les couloirs vides d’un donjon. L’arme au poing, prêt à dégainer, il progresse, revient sur ses pas – sa démarche est saccadée, il traque ennemis et alliés, cherche des issues, tente d’ouvrir des portes – en vain. Plus il cherche à marquer des points, plus il se heurte au néant, ne rencontrant personne, et par là-même perdant toute espoir de victoire ou de défaite.

Dans Game Over!, c’est l’approche synthétique opérée par l’artiste qui amène le jeu dans l’abstraction du néant. Ce n’est pas sans rappeler Super Mario Clouds (2002), un projet de Cory Arcangel qui reprend le jeu vidéo Super Mario en en retirant tous les éléments pour n’en garder que les nuages.
Dans la vidéo, l’absence de tout référent visuel renvoie le protagoniste à lui-même, et son modèle comportemental ayant été réduit à sa plus simple expression (mécanique, répétitive), il est contraint à une existence absurde – de même que nous pouvons nous-même avoir le sentiment de tourner en rond, pour rien, en vain... Pourrons-nous jamais sortir du cercle vicieux de notre condition (humaine), et nous libérer de notre propre conditionnement ? C’est en cela qu’on peut voir dans Game Over! une sorte de métaphore de la vie - ce jeu aux règles strictes et à l’issue inéluctable.

Texte: Annette Schindler
Traduction: Charles Mesnier

Voir aussi You're Dead!

Game Over!

Game Over! takes up a special place in Yan Duyvendak’s work. On the one hand, it represents one of the artist’s few video pieces that are complete in themselves. On the other, it deals with the same theme of killer games as his performance You’re Dead!. In Game Over!, the avatar/performer marches through the empty corridors of dungeons. He is always at the ready, always prepared to spring into action, gun in hand, full of concentration. In jagged movements, he advances and retreats, looking for enemies or allies, wanting to open doors, to find escape routes – all in vain. Instead of heroically building up scores, the avatar finds nothing, makes no contact, and so is given no chance either to gain victory or suffer defeat.

The void in Game Over! corresponds to the artistic principle of reduction, with abstraction as its end point. Cory Arcangel pursued a similar concept in his adaptation of the video game Super Mario, called Super Mario Clouds, in 2002, in which he removed all the game elements except the clouds. Such an absence of visual elements means protagonists are left to their own devices. But their patterns of behaviour have been reduced to repetitive and mechanical activities to such an extent that they are incapable of escaping from the senselessness of their existence.

Being captured in a sequence of meaningless activities is a state we all experience at times in our daily life. Can we ever escape from our condition and our conditioning? Game Over may be seen as a metaphor for the game of life itself with its tight limitations and elements of unavoidability.

Text: Annette Schindler
Translation: Martin Striegel
Camera: NN
Editing: Nicole Borgeat
Video technics: Laurent Desplands
Sound design: Bruno Fleutelot

Coproduction: Centre pour l'Image Contemporaine (sgg*) saint-gervais genève; Fonds Régional d'Art Contemporain d'Alsace, Selestat; Fonds cantonal d'art contemporain, Genève; namics, Sankt-Gallen (Kunstpreis für neue Medien)