images
Felt pen on paper, H17xL25cm, 2008 Edition attitudes
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Avec cette série de dessins travaillés au feutre et stylo noirs, Yan Duyvendak nous livre un zapping désenchanté. Ces instantanés télévisuels, sorte d'«arrêt sur image», arraché au flot hertzien, reproduisent avec un soin de copiste ce que la boîte nous montre et que nous ne voyons plus. On se prend à regarder ces corps décharnés, jetés sur des structures métalliques qui servent de lits superposés; le sourire de Condoleeza Rice sortant d'une conférence ou un gorille, caché par des branchages, mangeant paisiblement une banane. En amalgamant le geste millénaire du dessin à la perfection des images électroniques et en y incluant ce qui fait leur spécificité: logo des chaînes, titre des émissions, sous-titres, cours de la bourse, l'artiste, paradoxalement, redonne du sens au spectacle du monde et souligne l'existence d'un imaginaire collectif. Alors que nous n'avons jamais vu ces images, nous les reconnaissons: elles appartiennent, que nous le voulions ou non, à notre mémoire, qui est aussi, dans ce cas, celle des autres. Ces images, vaille que vaille, nous les partageons. Et c'est peut-être encore cela qui fait lien.

Texte: Nicole Borgeat

Still

With this series of drawings, made with black pen and felt-tip marker, Yan Duyvendak takes us through a bout of disenchanted channel surfing. These televised moments – film-stills torn from the electromagnetic flood – reproduce with a copyist's care that which television gives us but which we no longer see. We begin to look at those gaunt bodies, thrown onto scaffolding as though onto a bed; Condoleeza Rice's smile as she leaves a conference; a gorilla, hidden in the branches, peacefully eating a banana. In amalgamating the millenarian gesture of drawing to the perfection of electronic images and in including that which makes their specificity – logos of channels, titles of programs, subtitles, stock quotations – the artist, paradoxically, returns some sense to the spectacle of the world and underlines the existence of a collective imagination. While we have never seen these images, we recognize them: they belong, whether we like it or not, to our memory, which is also, in this case, the memory of others. We share these images, whatever they may be worth. And maybe it is that which connects us all.

Text: Nicole Borgeat
Translation: Wesley Clark
This work has been realised during residencies in the Schönhauser studio, Berlin, fonds cantonal d'art contemporain Genève (2005), and in Cairo, Pro Helvetia Liaison Office (2007-2009).